Naissance d'une légende : pendant et aprés la guerre

 

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L'arrêt brutal et les 4 années de conflit vont permettre, dans le plus grand secret et au nez de l'occupant, installé dans l'usine, de revoir toute la conception de la TPV, car les premières autos fabriquées ont révélé qu'elles coûtaient trop chèr à produire! 40% de plus que le prix fixé au départ ( matériaux résistants et anti-corrosion mais hors de prix ). Une nouvelle carrosserie en acier est alors étudiée; on reprend les ébauches de la TPV ( qu'on appelle désormais 2CV ) presque à zéro.

Les conditions sont difficiles ( essence et matières premières sont surveillées ). Mais les progrés sont là. Dès 1942, apparaît le " Cyclope " avec phare au centre qui n'éclaire que le capot dès que la voiture est chargée, solution vite abandonnée. Le moteur de 375cm3, dessiné par Becchia, d'abord à refroidissement à eau puis à air, fait ses premiers essais. Dans la foulée, Becchia dessine une boîte de vitesses. Comme PJB a répété qu'il ne voulait pas d'une quatrième vitesse, Becchia la lui présente comme une boîte 3 vitesses plus une surmultipliée. Projet accepté, expliquant la présence, sur le dessin de la grille de cette lettre " S " qui a surpris plus d'un deuchiste.

Avec la Libération, les études peuvent être menées au grand jour. Le système de suspension à batteurs de Léon Renault est mis au point et accepté par PJB en 1947 et s'avérera redoutablement efficace, empêchant les roues de la 2CV de décoller, cela expliquant son assise si particulière en virages.

De son côté, Bertoni poursuit ses ébauches. " Je veux que les propriétaires de cette voiture n'aient pas peur de l'abîmer et qu'on se dise, elle est tellement moche qu'un peu plus un peu moins!...", telle est la volonté dont ne démordra pas PJB. Bertoni et ses collégues réussiront, en insistant fortement, à faire accepter des améliorations stylistiques pour ébiter le pire. Mme Boulanger contribuera également en ce sens : " Ce n'est pas bien joli, Pierre, mettez donc un peu de tissu, ce n'est pas bien lourd."

A quelques jours du salon d'octobre 1948 se produit un incident remettant en question le système de démarrage manuel, voulu par PJB par mesure d'économie ( le lanceur à ficelle, façon tondeuse à gazon, a de quoi décourager ). Il faut revenir au démarreur électrique ( et donc à une batterie ). Becchia, en construisant son moteur, avait pensé à installer un démarreur et son équipe en avait réalisé une version, testée et vérifiée. Il ne reste plus en fait qu'à modifier les carters pour les installer en série.

Dès lors, plus aucun obstacle ne se dresse à la présentaion officielle de la 2CV. Présentation qui surprend d'autant plus que PJB ne cesse de clamer qu'aucune nouvelle Citroën n'est étudiée. Pour les journalistes, la TPV se fait ironiquement appeler Toujours Pas Vue.

Quelques heures avant l'ouverture du salon, PJB confirme d'ailleurs qu'il n'y aura pas de nouveauté Citroën sur le stand. Pourtant, le 7 octobre 1948 à 9h30, devant le président Auriol, 2 hommes soulèvent la bâche qui recouvre la TPV et PJB, sourire aux lèvres, présente la Citroën 2CV. La surprise est totale, les rires moqueurs sont de rigueur. Tous prédisent un flop monumental à cet étrange véhicule à la laideur repoussante.

On sait ce qu'il est advenu. Le prix attractif de la 2CV va remplir les carnets de commande, si bien qu'il faudra jusqu'à 7 ans pour récupérer l'objet de ses rêves! D'autant que les chaînes ne sont pas prêtes et que certains détails n'ont pas encore été réglés. Citroën profite de ce délai pour faire tester les premiers modèles par les concessionnaires à qui on conseille fortement de prêter le véhicule. Opération séduction qui fera de chaque test un succés populaire et suscitera des achats spontanés, dépassant les prévisions les plus optimistes. Sans faire cesser les critiques d'une presse qui mettra des années à reconnaître les mérites de la 2CV dont, aujourd'hui, on vante le charme d'une ligne à nulle autre pareille. Autre temps....

 

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La 2CV Citroën

Naissance d'une légende ( 1ère partie : les années d'avant-guerre )